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Réflexions autour d’un voyage présidentiel

Jeudi prochain, la Moselle accueillera Nicolas Sarkozy. Il est prévu dans l’agenda présidentiel une escapade au pays de Sarreguemines.

Dit comme ça, cette visite aurait de quoi réjouir les citoyens que nous sommes.

La beauté de nos paysages, la cordialité de nos habitants, le savoir-faire de notre terroir et surtout la fidélité de notre région à la République, voilà qui méritait d’être partagé et encouragé.

Il n’en sera rien !

En effet, depuis janvier 2009, les déplacements du président sont soumis à un scénario implacable.

Ce jour-là, à Saint-Lô, sifflets et lazzis étaient parvenus jusqu’aux oreilles présidentielles et résonnaient comme autant d’acouphènes, égratignant au passage l’orgueil à fleur de peau de notre président.

La réaction fut aussi immédiate qu’épidermique : mutation disciplinaire du préfet et du chef de la police.

Depuis, plus rien n’est laissé au hasard. Plus de place pour l’improvisation.

Tout doit être minuté, cadré, sécurisé, usant jusqu’à la corde les nerfs des cabinets chargés de préparer les visites.

Invités triés sur le volet, « claque UMP » de militants et d’élus trop heureux de pouvoir rencontrer leur président, journalistes accrédités, cartons d’invitation limités, parking réservé et hautement surveillé, contrôles d’identité, plan de sécurité drastique, la mise en scène doit être parfaite, l’image professionnelle.

Tout contrôler, tout régenter, tout décider, se méfier de tout et de tous, avec une certaine frénésie sécuritaire et propension à l’ordre absolu, voilà pourtant qui interpelle le bon peuple que nous sommes.

Et nous nous remémorons avec nostalgie les « bains de foule » auxquels des présidents français s’adonnaient avec délectation, les embrassades bon enfant, les franches poignées de main et les propos plein d’humour … lancés à la cantonade.

Cette dimension résolument humaine fait cruellement défaut à Nicolas Sarkozy.

Il est pourtant essentiel pour un président de sentir battre le pouls du pays, de maintenir des liens avec le peuple, d’être à l’écoute de la base….

Angela Merkel l’a bien compris, elle dont on moquait l‘image rigoriste et démodée. J’en veux pour preuve la ferveur populaire qui a salué son accueil à Sarrebruck samedi dernier.

A trop pas oublier qui l’a fait roi, Nicolas Sarkozy risque de se retrouver sans couronne.

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